Shetland en hiver —ce qui change vraiment
Le Shetland est fait pour résister au froid. Mais « résistant » ne veut pas dire « sans besoins spécifiques ». Voici tout ce qui doit évoluer dans votre routine hivernale.
Dans cet article
Adapter sa routine
à la saison froide
L’hiver est la saison qui teste le plus les propriétaires — eau gelée, foin supplémentaire, sol boueux, jours courts. Voici un guide complet pour traverser la saison froide sereinement avec votre Shetland.
01 — Nourrir
L’alimentation en hiver
En hiver, les besoins énergétiques du Shetland augmentent. Il consomme plus de calories pour maintenir sa température corporelle — surtout si les températures descendent en dessous de 0°C. Cette augmentation est réelle mais souvent surestimée par les propriétaires, ce qui peut mener à un surpoids hivernal.
Le foin : base absolue
L’herbe du pré n’existe plus ou est insuffisante — le foin devient la seule source d’alimentation de base. Un Shetland adulte en bonne santé a besoin d’environ 1,5 à 2% de son poids en foin par jour en hiver. Pour un Shetland de 150 kg, c’est environ 2,5 à 3 kg de foin par jour.
Augmentez légèrement la ration par rapport à l’été, mais restez vigilant sur la qualité : un foin pauvre en fibres ou trop riche en sucres est aussi problématique en hiver qu’en été. Continuez à évaluer la condition corporelle mensuellement — l’hiver n’est pas une excuse pour laisser grossir.
Les granulés : avec prudence
Si votre Shetland a du mal à maintenir son poids (rare, mais possible chez les très vieux individus), des granulés adaptés peuvent compléter la ration. Choisissez des granulés pauvres en amidon et en sucres. Ne compensez jamais un manque de foin par des granulés — c’est l’inverse qu’il faut faire.
Les compléments
En hiver, l’herbe n’apportant plus de vitamines et minéraux frais, un complément multiminéral de base peut être bénéfique — notamment en vitamine E et en sélénium dans les régions déficitaires. Demandez à votre vétérinaire ce qui est adapté à votre région.
La fermentation du foin dans le tube digestif produit de la chaleur — c’est le « chauffage interne » du cheval. Un Shetland qui broute du foin toute la nuit maintient sa température corporelle bien mieux qu’un Shetland qui a fini son foin à minuit. Fractionnez les distributions pour qu’il ait toujours quelque chose à mâcher.
02 — L’eau
L’eau :
le défi numéro un
C’est la problématique hivernale la plus sous-estimée — et la plus dangereuse. Un Shetland qui ne boit pas assez en hiver développe des crottins trop secs, un transit ralenti, et risque une colique de constipation en quelques jours. La déshydratation hivernale est une cause fréquente d’hospitalisation chez les équidés.
Pourquoi les Shetlands boivent moins en hiver
Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : l’eau froide ou glacée est moins appétente, la sensation de soif est moins perçue par temps froid, et le foin (contrairement à l’herbe fraîche) est pauvre en eau. La combinaison de ces facteurs peut réduire de 30 à 40% la consommation d’eau.
Solutions pratiques
- Abreuvoir chauffant — la solution idéale. Une résistance thermique maintient l’eau entre 10 et 15°C, la température à laquelle les équidés boivent le plus volontiers.
- Vérification matin et soir — si pas d’abreuvoir chauffant, cassez la glace deux fois par jour minimum.
- Eau légèrement tiédie — ajouter de l’eau chaude à un seau froid encourage la consommation en période de grand froid.
- Sel disponible en permanence — un bloc de sel à lécher stimule naturellement la soif.
En hiver, vérifiez l’accès à l’eau matin ET soir, sans exception. Une nuit de grand froid peut geler un abreuvoir non chauffé en quelques heures. Un Shetland sans eau depuis 12 heures est déjà en déficit hydrique significatif.
Ma règle d’hiver : avant de rentrer le soir, je vérifie l’eau. Avant de partir le matin, je vérifie l’eau. Toujours. Sans exception. C’est la chose la plus simple que je fais pour eux.
03 — Équipement
Couverture :
oui ou non ?
C’est la question qui génère le plus de débats entre propriétaires. La réponse courte : la plupart des Shetlands en bonne santé n’en ont pas besoin. La réponse longue — voici le tableau.
| Profil du Shetland | Couverture recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Adulte en bonne santé, poids idéal | Pas nécessaire jusqu’à -5°C si abri disponible | Son pelage d’hiver dense est naturellement imperméable et isolant |
| Tondu (partiellement ou totalement) | Obligatoire dès 5°C | Sans pelage, il ne peut pas se thermoréguler correctement |
| Senior (20 ans+) | À partir de 0°C ou si maigreur | La thermorégulation se dégrade avec l’âge |
| Malade ou convalescent | Selon les recommandations du vétérinaire | L’énergie dépensée pour se chauffer est nécessaire à la guérison |
| Cushing non traité (pelage anormal) | Selon l’état du pelage | Un pelage cushingien peut être long mais peu isolant |
| Poulain de moins d’un an | Par -5°C ou si pluie prolongée | La thermorégulation immature le rend plus vulnérable |
Glissez la main sous son pelage à l’épaule — si la peau est froide au toucher, il a froid. Observez aussi sa posture : un Shetland qui a froid a le dos voûté, la queue rentrée, les pattes resserrées sous lui. À l’inverse, un Shetland qui transpire sous sa couverture est trop couvert — retirez-la.
04 — Logement
L’abri et le sol
Le Shetland résiste au froid bien mieux qu’à la combinaison froid + humidité + vent. Un abri sec, à l’abri du vent, accessible librement — c’est la condition minimale pour un Shetland en hiver sans couverture.
L’abri idéal en hiver
L’abri doit être suffisamment grand pour que tous les animaux du groupe puissent y entrer simultanément sans se bousculer. Un Shetland chassé de l’abri par un congénère dominant par -5°C et sous la pluie est en danger. Calculez : minimum 4 m² par animal, avec une ouverture orientée loin des vents dominants.
Le problème du sol boueux
Un sol détrempé et boueux en permanence est l’ennemi des sabots en hiver. Il ramollit la corne, favorise le muguet, provoque des dermatites de boue (maladie des boues), et peut aggraver des problèmes articulaires. Si votre pré se transforme en pataugeoire, plusieurs solutions :
- Pose de plaques de caoutchouc ou de gravier dans les zones de passage
- Création d’un paddock stabilisé pour les périodes les plus humides
- Gestion de la densité animale par mauvais temps
- Litière généreuse dans l’abri pour offrir une surface sèche
La dermatite de boue
La dermatite de boue (ou maladie des boues) est une infection bactérienne des membres, favorisée par l’humidité permanente. Elle se manifeste par des croûtes, des gonflements et des douleurs sur les membres inférieurs. Traitement : séchage, nettoyage doux, application d’un antiseptique. Prévenez en protégeant les membres avec une vaseline épaisse avant les sorties dans le boue.
05 — Vigilance santé
Les risques de santé hivernaux
Liées au manque d’hydratation et à la sédentarité hivernale. Prévention : eau accessible, mouvement quotidien, foin en continu. Signes : absence de crottins, pony qui se regarde les flancs.
Le froid aggrave l’arthrose et les douleurs articulaires, surtout chez les seniors. Une sortie quotidienne courte en main maintient la mobilité. Consultez si la raideur est marquée.
Favorisée par l’humidité permanente des membres. Vérifiez les membres inférieurs chaque semaine. Protégez avec de la vaseline en période de boue intense.
L’hiver révèle les problèmes dentaires cachés — un Shetland qui perd du poids malgré un foin suffisant doit être examiné en dentisterie. Les dents abîmées ne broient pas bien le foin sec.
06 — Préparer l’hiver
Checklist de préparation
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