Comment prendre
soin d’un poney
Shetland ?
Alimentation, logement, santé, toilettage — tout ce que j’ai appris en plus de dix ans aux côtés de mes Shetlands, réuni dans un guide sincère et pratique.
Dans ce guide
Tout ce dont
votre Shetland
a besoin
Prendre soin d’un Shetland, c’est bien plus que lui donner du foin. Ce guide couvre tous les aspects du quotidien — de l’alimentation au toilettage, en passant par la santé et les soins saisonniers.
01 — Logement
Le logement
et l’espace de vie
Le Shetland est un animal robuste, taillé pour survivre dans les conditions climatiques les plus difficiles. Mais robustesse ne veut pas dire qu’il peut vivre n’importe où. Un logement adapté est la première condition d’un Shetland heureux et en bonne santé.
Le pâturage : la base de tout
Le Shetland doit avoir accès à un pâturage clôturé en permanence, ou au minimum plusieurs heures par jour. La superficie recommandée est d’au moins 2 500 m² par animal. Le Shetland est un spécialiste de l’évasion — optez pour une clôture électrique en bon état, ou une barrière en bois d’au moins 1,20 m de hauteur.
L’abri : protection contre les intempéries
Le Shetland supporte bien le froid sec, mais il doit toujours avoir accès à un abri pour se protéger de la pluie, du vent et du soleil intense. Un simple auvent en bois de 3 m × 4 m suffit pour deux ou trois animaux, ouvert sur un côté, bien orienté dos au vent dominant.
Une belle prairie verte et grasse est dangereuse pour un Shetland. Son métabolisme ultra-efficace transforme très facilement les sucres de l’herbe en graisse, ce qui peut provoquer une fourbure — une inflammation douloureuse et irréversible des pieds. Préférez un pâturage pauvre, sec et varié.
02 — Alimentation
L’alimentation au quotidien
L’alimentation est le point le plus délicat à gérer chez le Shetland. Sa tendance à l’obésité est réelle et source de nombreuses maladies. Il faut nourrir intelligemment, sans excès, en respectant ses besoins physiologiques.
Le foin : l’aliment de base
Le foin représente la colonne vertébrale de l’alimentation du Shetland. Il doit être distribué à volonté l’hiver, ou en complément du pâturage quand celui-ci est insuffisant. Choisissez un foin de qualité moyenne — pas trop riche, sans moisissures, sans poussière. En hiver, un Shetland peut consommer jusqu’à 2 à 3 kg de foin par 100 kg de poids vif par jour.
L’eau : un besoin vital
Un Shetland adulte boit entre 20 et 40 litres d’eau par jour. L’eau doit être fraîche, propre et accessible en permanence. En hiver, vérifiez que l’eau ne gèle pas dans les abreuvoirs.
Si votre Shetland mange du foin sec, assurez-vous qu’il a toujours de l’eau à disposition juste à côté. Un manque d’eau combiné à une alimentation sèche peut provoquer des coliques — l’une des urgences vétérinaires les plus fréquentes chez les équidés.
| Aliment | Recommandé ? | Remarques |
|---|---|---|
| Foin de prairie | ✅ Oui, base | À volonté l’hiver |
| Herbe pâturage pauvre | ✅ Oui | Surveiller la richesse |
| Granulés / muesli | ⚠️ Modération | Uniquement si nécessaire |
| Carottes, pommes | ⚠️ Petite quantité | Gâteries occasionnelles |
| Pain, sucre | ❌ Non | Trop sucré, dangereux |
| Bloc de sel | ✅ Toujours | Indispensable |
Un bloc de sel à lécher est indispensable toute l’année. En hiver, un complément vitaminé peut être utile. Si les sabots sont fragiles, la biotine aide. Pour les Shetlands de plus de 20 ans, un complément senior est conseillé.
03 — Santé
La santé et le suivi vétérinaire
Contre le tétanos (obligatoire) et la grippe équine (recommandé). Rappel annuel ou bi-annuel selon le protocole de votre vétérinaire. À noter dans le carnet de santé.
2 à 4 fois par an selon le résultat des coprologies (analyses de crottins). Alternez les molécules actives pour éviter les résistances parasitaires.
Au moins une fois par an. Les dents du Shetland peuvent former des crochets qui rendent la mastication douloureuse et entraînent une perte de poids progressive.
Maladie numéro un du Shetland. Boiterie soudaine, chaleur dans les sabots, posture de report sur les postérieurs. C’est une urgence vétérinaire. Cause : alimentation trop riche.
Touche fréquemment les poneys obèses. Dépôts de graisse sur l’encolure, résistance à l’insuline, prédisposition aux fourbures récurrentes. Géré par le régime alimentaire.
Le poney se roule, gratte le sol, refuse de manger, transpire. Tout signe de douleur abdominale nécessite un appel vétérinaire immédiat, sans attendre.
Boiterie soudaine, refus de manger depuis plus de 12h, mucosités nasales colorées, œil qui coule, gonflement anormal, comportement inhabituel, perte de poids rapide — tous ces signes nécessitent un avis vétérinaire sans délai.
Le Shetland souffre en silence. C’est sa force — et son piège. Observez-le chaque jour, apprenez ses habitudes, et vous saurez reconnaître les tout premiers signes avant que la maladie s’installe.
04 — Toilettage
Le toilettage
et l’entretien du pelage
La crinière et la queue du Shetland sont sa fierté. Épaisses, longues, souvent embroussaillées, elles demandent une attention régulière pour rester saines et belles. Un brossage régulier retire la poussière et les parasites, stimule la circulation sanguine, permet de détecter les blessures, et renforce le lien avec votre animal.
Le matériel indispensable
- Une étrille en caoutchouc pour déloger la boue séchée et les poils morts
- Une brosse dure pour le corps
- Une brosse douce pour le visage et les parties sensibles
- Un peigne à crins pour démêler la crinière et la queue
- Un démêlant en spray pour faciliter le démêlage sans casser les crins
La mue printanière
Au printemps, le Shetland mue massivement. Son épais pelage d’hiver se détache en touffe — brossez plusieurs fois par semaine de mars à mai et insistez sur les zones de frottement.
Ne tondez pas un Shetland inutilement. Son double pelage naturel est conçu pour thermoréguler parfaitement. Si vous devez le tondre pour raisons médicales, fournissez-lui une couverture adaptée en hiver.
05 — Sabots
Les sabots :
l’entretien indispensable
On dit souvent « pas de pied, pas de cheval » — et c’est encore plus vrai chez le Shetland. Ses sabots, naturellement durs et résistants, nécessitent quand même un entretien régulier pour éviter les déformations, les fissures et les infections.
La visite du maréchal-ferrant
Même sans ferrure — et le Shetland vit généralement pieds nus — le maréchal-ferrant doit intervenir toutes les 6 à 8 semaines pour rééquilibrer et parer les sabots. Un sabot mal paré peut entraîner des problèmes articulaires et locomoteurs durables.
Le curage quotidien
Chaque jour, curez les sabots avec un cure-pied pour retirer la terre, le fumier et les cailloux. Portez attention à la fourchette : si elle dégage une odeur nauséabonde et est noirâtre, c’est une infection à traiter rapidement avec votre vétérinaire.
Caramel refusait de me donner le pied au début. Nous avons travaillé ensemble, doucement, pendant des semaines. Aujourd’hui, il lève le pied dès que je pose la main sur son boulet. La confiance se construit progressivement, avec patience et cohérence.
07 — Soins saisonniers
Les soins selon les saisons
La repousse de l’herbe est rapide et très riche. Réduisez progressivement l’accès au pâturage sur 4 à 6 semaines pour éviter les fourbures. C’est aussi la grande mue : brossez fréquemment.
Toujours de l’ombre et de l’eau fraîche. Évitez les activités entre 11h et 16h. Si le pâturage est très vert, restreignez aux heures fraîches. Masques anti-mouches recommandés.
Idéal pour remettre votre Shetland en condition physique. Planifiez la vermifugation d’automne et la visite dentaire annuelle. Préparez vos stocks de foin pour l’hiver.
Le Shetland supporte le froid sec, pas l’humidité combinée au vent. Abri imperméable, litière propre et sèche. Augmentez le foin. Vérifiez l’eau matin et soir pour éviter le gel.
08 — Checklist
La checklist du propriétaire responsable
Vous accueillez bientôt
votre premier Shetland ?
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06 — Bien-être mental
La socialisation et le bien-être mental
Le Shetland est un animal grégaire. Dans son milieu naturel, il vit en troupeau et développe des liens sociaux complexes. Un Shetland seul est un Shetland qui souffre.
La compagnie : une nécessité absolue
Ne gardez jamais un Shetland seul. Si vous ne pouvez pas avoir deux Shetlands, une chèvre, un âne ou même un mouton peut faire office de compagnon. L’important, c’est que votre poney ait quelqu’un avec qui interagir, se reposer flanc contre flanc, et partager sa journée.
Les signes d’un Shetland en souffrance sociale sont : les cris répétés, les stéréotypies (tic à l’air, tic de l’ours, weaving), l’agressivité inhabituelle, la perte d’appétit ou une apathie totale.
L’enrichissement de l’environnement
Un Shetland qui s’ennuie peut développer des comportements problématiques. Proposez-lui des stimulations au quotidien :
Passez au moins 15 minutes par jour avec votre Shetland, même si vous ne faites « rien de spécial ». Se tenir à côté de lui, lui parler, lui gratter l’encolure — ces moments comptent énormément pour lui et vous permettront de détecter rapidement tout changement de comportement.